Peur de lâcher prise : pourquoi certaines femmes ont besoin de tout contrôler, même sous hypnose
« Je veux bien essayer l’hypnose… mais je ne veux surtout pas perdre le contrôle. »
Elle me l’a dit presque en s’excusant.
Comme si cette phrase était un peu ridicule.
Elle ne l’était pas.
Cette femme avait l’habitude de gérer. Son travail. Ses enfants. Les imprévus. Les émotions des autres. Les problèmes avant même qu’ils n’arrivent. Elle anticipait. Elle vérifiait. Elle réfléchissait beaucoup.
Elle avait même développé cette étrange capacité à avoir trois conversations dans sa tête pendant qu’elle en menait une quatrième avec quelqu’un.
Et puis il y avait cette phrase :
« Si je lâche le contrôle, qu’est-ce qui va se passer ? »
C’est une question que j’entends régulièrement chez les femmes qui viennent me consulter.
Et derrière la peur de lâcher prise, il y a souvent quelque chose de beaucoup plus profond qu’un simple besoin de tout maîtriser. Il y a parfois une histoire. Une histoire dans laquelle contrôler a été utile. Très utile, même.
Alors forcément, demander à une femme qui a passé des années à tenir debout de « lâcher prise » peut sembler un peu… comment dire ?
Comme demander à une funambule de retirer son filet de sécurité en lui disant :
« Allez, fais-moi confiance. »
Non.
On va commencer autrement.
Et si ton besoin de contrôle avait d’abord essayé de te protéger ?
On parle beaucoup du contrôle comme d’un défaut.
« Tu contrôles trop. »
« Tu devrais lâcher prise. »
« Il faut apprendre à déléguer. »
« Tu réfléchis trop. »
À force, on finit presque par croire que notre cerveau a décidé de nous compliquer la vie juste pour le plaisir.
Mais le besoin de contrôle peut aussi être compris comme une manière de faire face à ce qui semble imprévisible, menaçant ou difficile à gérer.
La recherche sur le contrôle et le stress montre d’ailleurs que la relation entre sentiment de contrôle, stress et adaptation est plus complexe qu’un simple « contrôle = mauvais / lâcher prise = bon ». Ce qui compte notamment, c’est ce que l’on cherche à contrôler, dans quelle situation et avec quelles stratégies.
Autrement dit :
le contrôle n’est pas forcément l’ennemi.
Le problème commence lorsqu’il devient la seule manière que tu connais pour te sentir en sécurité.
Tu contrôles ton agenda.
Puis ton travail.
Puis tes émotions.
Puis la manière dont les autres te perçoivent.
Puis tes enfants.
Puis ton couple.
Puis ton corps.
Puis tes pensées.
Et un jour, tu réalises que tu es épuisée…
mais toujours en train de surveiller si tout va bien.
C’est là que le contrôle cesse d’être un outil.
Il devient une surveillance permanente.
« Si je ne contrôle pas, je vais me retrouver dépassée »
Certaines femmes me disent :
« Je sais que je devrais lâcher prise, mais je n’y arrive pas. »
Je leur réponds rarement :
« Alors lâche prise. »
Parce que ce serait un peu comme dire à quelqu’un qui a peur de l’eau :
« Arrête simplement d’avoir peur et nage. »
Le cerveau ne fonctionne pas comme ça.
Lorsque nous avons appris, au fil de notre histoire, que l’anticipation, la vigilance ou la maîtrise nous aidaient à traverser certaines situations, ces stratégies peuvent devenir très familières.
Elles donnent parfois une impression de sécurité.
Et cette impression n’est pas à mépriser.
Le sentiment d’avoir du contrôle peut réellement jouer un rôle dans notre manière de faire face au stress. Des travaux récents montrent encore qu’un sentiment de contrôle plus élevé est associé à une meilleure adaptation au stress, et qu’il peut même amortir l’impact de certains stresseurs.
Alors non :
tu n’es pas « trop contrôlante » parce que tu serais incapable de vivre.
Peut-être as-tu simplement appris à vivre en étant constamment prête.
Prête à gérer.
Prête à anticiper.
Prête à réparer.
Prête à encaisser.
Prête à recommencer.
Et quand on a longtemps fonctionné comme ça, lâcher prise peut paradoxalement ressembler à une prise de risque.
La vraie question n’est peut-être pas : « Comment lâcher prise ? »
Mais plutôt :
« Qu’est-ce que je crois qu’il va m’arriver si je ne contrôle plus ? »
Essaie de répondre spontanément.
Pas avec une réponse jolie.
Pas avec une réponse de développement personnel.
La vraie.
Si tu arrêtais de tout vérifier…
si tu cessais d’anticiper…
si tu acceptais de ne pas savoir…
si tu laissais quelqu’un d’autre faire les choses à sa manière…
si tu arrêtais de surveiller tes émotions…
qu’est-ce que tu redoutes ?
Certaines répondront :
« Je vais me faire avoir. »
« Je vais être déçue. »
« Je vais perdre pied. »
« On va profiter de moi. »
« Je vais être vulnérable. »
« Tout va partir en vrille. »
« Je ne serai plus capable de gérer. »
Et parfois, la phrase la plus importante arrive après un long silence :
« Je ne sais pas ce qui va se passer. »
Voilà.
On y est.
Le problème n’est pas toujours le contrôle.
C’est parfois l’incertitude.
Pourquoi l’hypnose peut justement faire peur quand on aime tout maîtriser
Et c’est là que la situation devient particulièrement intéressante.
Parce que certaines femmes viennent justement en hypnose pour apprendre à moins contrôler…
tout en ayant peur de ce qui pourrait se passer si elles relâchent leur contrôle.
C’est presque un magnifique paradoxe.
« Je voudrais arrêter de tout contrôler. »
« Très bien. »
« Mais pas maintenant. »
Sourire.
Et franchement, je comprends.
L’hypnose traîne encore derrière elle tout un imaginaire collectif fait de spectacles, de pendules, de personnes qui semblent dormir et d’hypnotiseurs capables de faire faire n’importe quoi à n’importe qui.
La réalité de l’hypnose thérapeutique est beaucoup plus nuancée.
Les recherches contemporaines décrivent l’hypnose comme un ensemble de phénomènes liés notamment aux suggestions, à l’attention, à la perception, à la cognition et au sentiment d’agir volontairement. Les chercheurs ne s’accordent d’ailleurs pas sur une seule théorie expliquant exactement tous les mécanismes de l’hypnose.
Et c’est précisément ce qui est intéressant.
L’hypnose n’est pas synonyme d’abandon total du contrôle.
Tu peux rester consciente.
Tu peux entendre la voix du thérapeute.
Tu peux penser à autre chose.
Tu peux parler.
Tu peux interrompre une séance.
Et surtout, tu participes au processus.
Il ne s’agit pas de remettre les clés de ton cerveau à quelqu’un en disant :
« Tiens, conduis, je descends. »
Heureusement.
Alors, que se passe-t-il quand on est sous hypnose ?
L’une des particularités de l’hypnose est que certaines expériences peuvent donner une impression d’involontarité : une sensation, une image mentale, une modification de perception ou une réponse peuvent parfois sembler arriver « toutes seules ».
C’est justement l’un des phénomènes étudiés dans la recherche sur la suggestion hypnotique et le sentiment d’agentivité — c’est-à-dire notre sensation d’être à l’origine de ce que nous faisons ou vivons.
Mais ressentir quelque chose comme plus spontané ne signifie pas être privé de toute capacité de décision.
Et surtout, l’hypnose n’est pas un bouton « off » du cerveau.
Tu ne remets pas ton pouvoir personnel à l’hypnothérapeute.
Au contraire.
Dans une démarche thérapeutique sérieuse, le cadre doit permettre à la personne de rester actrice de ce qui se passe.
C’est aussi pour cela que la relation de confiance compte autant.
Parce qu’une femme qui a peur de perdre le contrôle n’a pas besoin qu’on lui demande de faire confiance aveuglément.
Elle a besoin de savoir qu’elle peut garder ses limites.
Lâcher prise ne veut pas dire abandonner ton pouvoir
C’est probablement le point que j’aimerais le plus transmettre.
On confond souvent lâcher prise et renoncer.
Comme si lâcher prise signifiait :
« Je ne contrôle plus rien. »
Alors qu’il peut s’agir de quelque chose de beaucoup plus subtil :
je cesse de dépenser mon énergie à contrôler ce qui ne dépend pas de moi.
Ce n’est pas la même chose.
Lâcher prise, ce n’est pas laisser quelqu’un décider à ta place.
Ce n’est pas accepter l’inacceptable.
Ce n’est pas devenir passive.
Ce n’est pas ne plus avoir de limites.
Ce n’est pas dire oui quand tu veux dire non.
Et ce n’est certainement pas devenir cette femme zen qui boit son thé en regardant brûler sa maison en murmurant :
« Tout est expérience. »
Non merci.
Lâcher prise peut simplement vouloir dire :
je choisis où mettre mon énergie.
Et cette nuance change tout.
Contrôler ou choisir : ce n’est pas la même chose
Imagine deux situations.
Dans la première, tu vérifies cinq fois ton téléphone parce que tu as peur qu’une personne ne te réponde pas.
Tu imagines tous les scénarios possibles.
Tu analyses le dernier message.
Tu relis le tien.
Tu te demandes si tu as dit quelque chose de travers.
Tu contrôles parce que tu veux empêcher une éventuelle douleur.
Dans la deuxième, tu constates :
« Je ne sais pas ce que cette personne pense. Je ne peux pas contrôler sa réponse. En revanche, je peux choisir ce que je fais de cette attente. »
Même situation.
Mais pas la même position intérieure.
Dans la première, ton énergie part dans la surveillance.
Dans la seconde, elle revient vers toi.
C’est peut-être cela, le véritable lâcher-prise : récupérer ton énergie là où elle était prisonnière du besoin de certitude.
Et si ton contrôle avait simplement besoin d’être rassuré ?
J’aime beaucoup cette image.
Imagine une partie de toi qui tient un volant depuis des années.
Elle a conduit sous la pluie.
Dans les embouteillages.
Avec des enfants à l’arrière.
Avec des imprévus.
Avec des responsabilités.
Elle n’a pas toujours choisi la route.
Mais elle a continué à conduire.
Et maintenant tu arrives en consultation et tu lui dis :
« Tu peux lâcher le volant. »
Elle te regarde probablement comme si tu venais de proposer de rouler les yeux fermés sur l’autoroute.
Peut-être que cette partie de toi n’a pas besoin qu’on lui arrache le volant.
Peut-être qu’elle a besoin d’entendre :
« Merci. Tu peux souffler. Je suis là. Nous n’allons pas tout abandonner. Nous allons simplement apprendre à conduire autrement. »
C’est une différence fondamentale.
On ne combat pas forcément le contrôle.
On peut apprendre à créer suffisamment de sécurité intérieure pour qu’il n’ait plus besoin d’être mobilisé en permanence.
« Mais moi, je pense tout le temps »
Ah.
La fameuse.
« Je réfléchis trop. »
Bienvenue au club.
Certaines femmes ont un cerveau qui ressemble à une salle de contrôle d’aéroport un lundi matin.
Tout clignote.
Tout est important.
Tout doit être anticipé.
Et quand elles essaient de se détendre, elles pensent à leur travail.
Quand elles essaient de méditer, elles pensent à leur liste de courses.
Quand elles essaient de dormir, leur cerveau décide soudain qu’il serait passionnant de repenser à cette conversation de 2018.
Là encore, l’objectif n’est pas nécessairement de faire disparaître les pensées.
Une séance d’hypnose n’est pas un concours de silence mental.
Tu peux avoir des pensées pendant une séance.
Tu peux même te demander :
« Est-ce que je suis vraiment sous hypnose ? »
Et pendant que tu te poses la question, tu peux très bien être en train de vivre une expérience hypnotique.
Il n’existe pas une sensation universelle de l’hypnose.
La recherche montre d’ailleurs une variabilité importante entre les personnes dans leur manière de répondre aux suggestions hypnotiques.
Certaines vont ressentir beaucoup de choses.
D’autres très peu.
Certaines auront l’impression d’être profondément ailleurs.
D’autres auront simplement la sensation d’être extrêmement concentrées.
Il n’y a pas de médaille d’or de la transe.
Une petite expérience pour commencer à desserrer le contrôle
Tu peux essayer ceci maintenant.
Pas besoin de fermer les yeux.
Regarde simplement autour de toi.
Choisis un objet.
Une tasse.
Une plante.
Une fenêtre.
Observe-le pendant quelques secondes.
Puis demande-toi :
« Qu’est-ce que je peux contrôler ici ? »
Tu peux décider de regarder l’objet.
Tu peux détourner les yeux.
Tu peux te lever.
Mais peux-tu contrôler exactement toutes les pensées qui vont traverser ton esprit pendant les prochaines minutes ?
Peux-tu décider précisément quelle sensation corporelle apparaîtra ?
Peux-tu contrôler le prochain son que tu vas entendre ?
Probablement pas.
Et pourtant…
tu es parfaitement là.
Tu n’as pas besoin de contrôler chaque seconde pour être en sécurité.
C’est une petite différence.
Mais parfois, les grandes transformations commencent avec de petites différences.
Et si tu n’avais pas besoin de lâcher prise d’un coup ?
C’est peut-être la croyance la plus importante à remettre en question.
Tu n’as pas besoin de passer de :
« Je contrôle tout »
à :
« Je m’en fiche de tout. »
Entre les deux, il existe tout un territoire.
Tu peux commencer par lâcher 5 %.
Laisser quelqu’un d’autre choisir le restaurant.
Ne pas répondre immédiatement à un message.
Accepter qu’une tâche soit faite différemment de ta manière.
Dire :
« Je ne sais pas encore. »
Ne pas chercher immédiatement une solution.
Respirer avant d’agir.
Tolérer quelques secondes d’incertitude.
Et surtout :
observer ce qui se passe en toi quand tu ne contrôles pas.
Pas pour te juger.
Pour apprendre.
La question que je poserais à une femme qui a peur de lâcher prise
Je ne lui demanderais pas :
« Pourquoi contrôles-tu autant ? »
Je lui demanderais :
« Qu’est-ce que ton contrôle essaie encore de faire pour toi ? »
Cette question change la conversation.
Parce qu’elle ne considère plus le contrôle comme un ennemi.
Elle lui reconnaît une intention.
Peut-être veut-il éviter une déception.
Une humiliation.
Une perte.
Une sensation d’impuissance.
Une nouvelle blessure.
Peut-être cherche-t-il simplement à empêcher que l’histoire recommence.
Et parfois, comprendre cela permet déjà de regarder cette partie de soi avec beaucoup moins de dureté.
Tu n’as pas besoin de perdre le contrôle pour reprendre le pouvoir
C’est finalement là que nous revenons.
La femme qui m’a dit :
« J’ai peur de lâcher prise pendant l’hypnose »
n’avait pas besoin qu’on lui demande de renoncer à son contrôle.
Elle avait besoin de comprendre qu’elle pouvait choisir.
Choisir d’aller plus loin.
Choisir de ralentir.
Choisir de s’arrêter.
Choisir de faire confiance progressivement.
Choisir de garder ses limites.
Et peut-être, petit à petit, découvrir quelque chose d’assez surprenant :
on peut être en sécurité sans tout contrôler.
Le véritable pouvoir personnel n’est peut-être pas de serrer le volant très fort.
C’est de savoir que tu peux le tenir…
et que tu peux aussi, parfois, desserrer les doigts.
Pas parce que quelqu’un te l’ordonne.
Pas parce que tu dois devenir une autre femme.
Mais parce que tu sais enfin que tu peux te faire confiance.
Et ça, pour moi, c’est une toute autre définition du lâcher-prise.
Si cette peur te parle
Si tu te reconnais dans cette femme qui anticipe tout, qui réfléchit beaucoup, qui a du mal à faire confiance et qui aimerait pourtant souffler un peu, tu n’as pas besoin d’arriver en séance en sachant déjà « lâcher prise ».
Tu peux simplement arriver avec ta question.
Avec tes doutes.
Même avec ton contrôle.
Il a le droit d’être là.
Chez Centre Gingko, l’accompagnement commence justement par cet espace de dialogue : comprendre ce que tu vis, ce que tu veux changer et surtout ce dont tu as besoin pour te sentir suffisamment en sécurité pour avancer.
Tu n’as pas à abandonner ton pouvoir.
Tu peux apprendre à ne plus avoir besoin de l’utiliser partout, tout le temps.
Et parfois, c’est là que quelque chose commence vraiment à respirer.
FAQ — Peur de lâcher prise et hypnose
Pourquoi ai-je peur de lâcher prise ?
La peur de lâcher prise peut être liée à un fort besoin de sécurité, à l’habitude d’anticiper, à certaines expériences passées ou simplement à une difficulté à tolérer l’incertitude. Il n’existe pas une cause unique. Le contrôle peut aussi être une stratégie d’adaptation qui a été utile dans certaines périodes de vie.
Peut-on perdre le contrôle pendant une séance d’hypnose ?
L’hypnose ne signifie pas abandonner totalement son contrôle ou remettre ses décisions à quelqu’un d’autre. Les recherches contemporaines décrivent plutôt différents phénomènes liés à l’attention, aux suggestions, à la perception, à la cognition et au sentiment d’agentivité.
Est-ce qu’on dort pendant l’hypnose ?
Non, l’hypnose ne correspond pas simplement au sommeil. Une personne peut rester consciente de son environnement, entendre la voix du thérapeute et avoir des pensées pendant la séance.
Pourquoi certaines personnes ont-elles plus de mal à entrer en hypnose ?
Les personnes ne réagissent pas toutes de la même manière aux suggestions hypnotiques. La recherche met en évidence une variabilité importante entre les individus et montre que la « suggestibilité » n’est pas une capacité unique et uniforme.
Comment apprendre à lâcher prise quand on veut tout contrôler ?
Plutôt que d’essayer de supprimer immédiatement le contrôle, il peut être plus utile d’identifier ce qu’il cherche à protéger et de commencer à distinguer ce qui dépend réellement de soi de ce qui ne dépend pas de soi.
Peut-on travailler sur le besoin de contrôle avec l’hypnose ?
L’hypnose peut être utilisée comme outil d’accompagnement dans différents contextes, notamment pour travailler sur certaines perceptions, habitudes et réponses émotionnelles. Les mécanismes précis de l’hypnose restent toutefois étudiés et plusieurs modèles scientifiques coexistent.
Est-ce que lâcher prise signifie devenir moins forte ?
Non. Lâcher prise ne signifie pas renoncer à ses limites, à ses choix ou à son pouvoir de décision. Il peut au contraire s’agir de mieux choisir ce qui mérite ton énergie et ce que tu peux accepter de ne pas contrôler.
Moi c’est Jessica et j’accompagne les femmes a reprendre leurs pouvoirs en main,





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